Le Choléra
D’origine hydrique, le choléra est une maladie à
transmission féco-orale.
Le réservoir est
environnemental en période inter-épidémique, et essentiellement humain en
période épidémique. Le milieu hydrique est un réservoir de germes pathogènes
(ex : eaux saumâtres des estuaires des grands fleuves d’Asie). Le réservoir
humain entre en jeu en cas d’épidémie et explique la rapidité de la
dissémination de la maladie. Ce réservoir comprend les malades, les cadavres de
sujets morts de choléra, les porteurs sains. La transmission est donc hydrique
ou interhumaine : eaux polluées, produits marins contaminés, fruits et légumes
arrosés, mains sales (toilette et transport des cadavres, repas). Il n’y a pas
d’immunité naturelle, pas de production d’anticorps contre la toxine. Les
facteurs favorisants sont humains et climatiques : pauvreté, bas niveau
d’hygiène, conflits armés, forte densité de population (camps de réfugiés),
catastrophes naturelles (cyclones, inondations), réchauffement des eaux
(phénomène El Nino).
Les chironomidés sont un important réservoir de V. cholerae. Ces insectes
ubiquitaires, très abondants dans les collections d’eau douce, pondent des
masses de 400 à 2000 œufs, colonisés par V. cholerae (6 à 36 bactéries par
œuf). La bactérie peut se fixer également à la surface chitineuse des adultes
permettant, lors du vol, la dispersion de V. cholerae par voie aérienne dans
l’environnement, localement, mais peut-être aussi à distance sous l’effet des
vents dominants.
Physiopathologie
Le choléra est
une diarrhée « toxique » due à l’élaboration par le vibrion d’une toxine, la
choléragène, qui inverse le flux hydrosodé au niveau de l’épithélium du grêle
par activation d’un enzyme, l’adénylcyclase. Cette inversion entraîne la
production dans la lumière intestinale d’un liquide très abondant isotonique au
plasma, particulièrement riche en potassium et en bicarbonates. La conséquence
de cette diarrhée hydro-électrolytique massive est une déshydratation aiguë avec
hypokaliémie et acidose.
Le vibrion ne pénètre pas à l’intérieur de
la muqueuse intestinale qui reste donc anatomiquement intacte. Il n’y a pas
d’invasion muqueuse. Le vibrion disparaît des selles spontanément en 7 à 14
jours. Le traitement du choléra est donc essentiellement celui des pertes
hydro-électrolytiques, c’est à dire du «syndrome cholérique».
Le glucose
stimule l’absorption d’eau et de sel par un mécanisme indépendant de l’AMP
cyclique (activé par l’adénylcyclase et la choléragène) qui est donc conservé.
Un ion sodium peut être transporté en même temps qu’une molécule de glucose au
niveau de la muqueuse qui a gardé son intégrité et ses mécanismes d’absorption.
Cette notion est à la base de la réhydratation par voie orale.
Traitement
L’essentiel du
traitement est la réhydratation : «Tout cholérique parvenu à temps dans un
centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour».
Les buts du
traitement
- rétablir l’équilibre
hydroélectrolytique : c’est le geste thérapeutique urgent et essentiel
- lutter contre le germe
: c’est un geste secondaire diminuant la durée de la diarrhée et aussi la durée
du portage (évitant ainsi la dissémination des vibrions).
Les moyens.
Le malade est admis dans
un centre de traitement du choléra (CTC) créé en fonction des besoins, offrant
les meilleures conditions de traitement et permettant l’isolement du malade.
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