Assainissement[1]
·
Par assainissement, on entend la mise à
disposition d’installations et de services permettant d’éliminer sans risque
l’urine et les matières fécales. L’absence de système d’assainissement est une
cause importante de morbidité dans l’ensemble du monde.
Il est prouvé que l’assainissement a des effets positifs importants sur la santé au niveau des ménages et des communautés. L’assainissement désigne aussi le maintien de bonnes conditions d’hygiène, grâce à des services comme l’enlèvement des ordures et l’évacuation des eaux usées.
Il est prouvé que l’assainissement a des effets positifs importants sur la santé au niveau des ménages et des communautés. L’assainissement désigne aussi le maintien de bonnes conditions d’hygiène, grâce à des services comme l’enlèvement des ordures et l’évacuation des eaux usées.
Principaux concepts
Rapport 2012 du Programme
commun OMS/UNICEF
La cible 7 de l’objectif 7 du Millénaire
pour le développement consiste à réduire de moitié, d’ici à 2015, le
pourcentage de la population qui n’est pas durablement approvisionnée en eau
potable et qui ne dispose pas d’assainissement de base.
Eau
L’accès à l’eau potable
est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources
d’approvisionnement en eau potable améliorées.
·
On entend par eau potable l’eau utilisée à
des fins domestiques: boisson, cuisine et hygiène personnelle.
·
L’eau potable est de l’eau considérée comme
sûre car elle répond à certaines normes microbiologiques et chimiques relatives
à la qualité de l’eau de boisson; les Directives OMS pour la qualité de l’eau
de boisson (4ème édition, 2011) font référence à cet égard.
·
L’accès à l’eau potable est mesuré au moyen
d’un indicateur indirect: la proportion de la population utilisant des sources
d’approvisionnement en eau améliorées: eau sous canalisation alimentant le
domicile, borne-fontaine/fontaine publique, puits tubé/puits foré, puits creusé
protégé, source protégée, citerne d’eau de pluie.
·
Un raccordement direct à l’eau potable sous
canalisation alimente le domicile, la parcelle ou la cour.
·
Une source d’approvisionnement en eau
améliorée, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon
satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières
fécales.
Exemples:
o *eau sous canalisation alimentant le
domicile;
o *borne-fontaine/fontaine publique;
o * puits tubé/ foré;
o *puits creusé protégé;
o * source protégée;
o * citerne d’eau de pluie.
· Sources d’approvisionnement en eau non
améliorées:
o * puits creusé non protégé;
o * source non protégée;
o *eau de surface (rivière, réservoir, lac,
étang, ruisseau, canal, canal d’irrigation);
o *eau fournie par un distributeur ( tonne
montée sur une charrette, camion-citerne);
o * eau en bouteille;
o * eau distribuée par camion-citerne.
Assainissement
L’accès à
l’assainissement est mesuré en pourcentage de personnes utilisant des
installations d’assainissement améliorées.
· Une installation d’assainissement améliorée
empêche de façon hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments
humains.
·
L’accès à l’assainissement de base est
mesuré au moyen d’un indicateur indirect: la proportion de personnes utilisant
des installations d’assainissement améliorées (telles que raccordement au
tout-à-l’égout ou à une fosse septique, latrines à chasse rudimentaires,
latrines à fosse améliorées et autoventilées,et latrines à fosse avec une dalle
ou couvertes).
·
Les installations communes sont des
installations d’assainissement améliorées acceptables par ailleurs qui sont
utilisées par plusieurs ménages. Elles comprennent les toilettes publiques et
ne sont pas considérées comme améliorées.
·
Les installations d’assainissement non
améliorées n’empêchent pas de manière hygiénique tout contact entre l’homme et
des excréments humains; cela comprend:
o * les latrines à fosse sans dalle ou les
fosses en plein air;
o *les toilettes ou latrines suspendues;
o *les latrines à seau;
o *la défécation à l’air libre dans les
champs, les forêts, la brousse, les étendues d’eau ou autres espaces en plein
air, ou l’évacuation des excréments humains avec d’autres formes de déchets
solides.[2]
· Le manque d’assainissement pour 2,4 milliards de personnes compromet les améliorations dans le domaine de la santéQuelque 2,4 milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale, n’auront toujours pas accès à des services d’assainissement amélioré en 2015[3].
Maladies
liées aux excréta
Les infections liées aux excréta
sont des maladies transmissibles dont les agents causals (virus, bactéries,
protozoaires ou helminthes pathogènes) sont libérés par l’organisme des
personnes infectées (ou des animaux infectés dans certains cas) dans les excréta
(fèces et urines). Ces agents causals finissent par atteindre d’autres
personnes et pénètrent dans l’organisme soit par la bouche (lors de la
consommation de cultures contaminées, par exemple), soit à travers la peau
(infestation par des ankylostomes ou des schistosomes, par exemple).
Le monde est directement
responsable d’effets préjudiciables pour la santé et l’environnement. Les excréta
humains sont mis en cause dans la transmission de nombreuses maladies
infectieuses, dont le choléra, la typhoïde, l’hépatite, la polio, la
schistosomiase et des helminthiases, y compris diverses trématodoses. La
plupart de ces maladies liées aux excréta se déclarent chez des enfants vivant
dans des pays pauvres. Globalement, l’OMS estime que les diarrhées sont
responsables à elles seules de 3,2 % des décès dans le monde et de 4,2 % de la
charge de morbidité mondiale totale, exprimée en DALY (OMS, 2004b). La diarrhée
ou les maladies gastro-intestinales sont souvent utilisées comme indicateur
indirect pour les maladies infectieuses véhiculées par l’eau. Mead et al.
(1999) estiment qu’en moyenne, un habitant des États-Unis d’Amérique
(appartenant à une tranche d’âge quelconque) souffre de 0,79 épisode de
gastro-entérite aiguë (caractérisée par la présence de diarrhée, de
vomissements ou de l’un et l’autre de ces symptômes) par an. Les taux de
gastro-entérite aiguë chez les adultes dans le monde sont généralement du même
ordre de grandeur (Tableau 2.6). Cependant, les enfants – en particulier ceux
vivant dans des conditions à haut risque, caractérisées le plus souvent par une
hygiène, un assainissement et une qualité de l’eau médiocres – présentent
généralement des taux de maladies gastro-intestinales plus élevés. Kosek, Bern
& Guerrant (2003) ont constaté que les enfants de moins de cinq ans
habitant dans des pays en développement subissaient un nombre médian d’épisodes
diarrhéiques de 3,2 par an.
Schistosomiase
La schistosomiase est une
maladie parasitique importante dans diverses parties du monde. Les trématodes
ont des cycles de vie complexes comprenant le passage des œufs dans une étendue
d’eau par le biais des excréta (habituellement les fèces, mais aussi l’urine
pour l’une des espèces de schistosomes) ; ces œufs ensuite éclosent et
infectent des mollusques. Les parasites se développent dans ces mollusques et
sont libérés dans l’eau, milieu à partir duquel ils infestent des poissons ou
s’enkystent dans des plantes aquatiques. L’infestation résulte de la
consommation à l’état cru ou sans cuisson suffi - sante de poissons ou de
plantes contenant des méta cercaires de trématodes enkystées et viables.
Les schistosomes
infectent directement les êtres humains en pénétrant à travers la peau lors
d’un contact avec de l’eau contaminée. Bien que rarement fatales, les
trématodoses peuvent entrainer une morbidité conséquente et des complications
conduisant au décès.
Les principaux genres
importants pour la santé humaine sont Clonorchis, Opisthorchis, Fasciola,
Fasciolopsis et Paragonimus. Globalement, on pense que des trématodes transmis
par les aliments infestent 40 millions de personnes dans le monde et qu’un
dixième de la population mondiale est exposé à un risque d’infestation (OMS,
1995).
La schistosomiase touche
environ 200 millions de personnes dans le monde, dont 80 % vivent en Afrique
subsaharienne, où l’aquaculture directement alimentée par des rejets est rare
mais où l’eau utilisée pour les activités aquacoles peut être indirectement
contaminée par des rejets.
Une étude des
trématodoses transmises par les aliments réalisée par Keiser & Utzinger
(2005) indique que le nombre des clonorchiases a triplé en Chine sur la période
de 10 ans allant de 1995 à 2004. Ces auteurs estiment que 15 millions de
Chinois étaient infestés par Clonorchis sinensis en 2004. On pense que la
multiplication des trématodoses transmises par les aliments est liée à la
croissance exponentielle de l’industrie aquacole sur la même période. Même si
l’aquaculture délibérément alimentée par des rejets a selon toutes probabilités
décliné pendant cette période, l’usage involontaire en aquaculture d’eau
contaminée par des eaux usées ou des excréta a probablement aussi contribué à
la plus grande fréquence des trématodoses d’origine alimentaire.
Schistosomiase
La schistosomiase est une
infestation par des parasites sanguins du genre Schistosoma qui se logent dans
les réseaux veineux qui drainent la vessie et le tractus intestinal. La maladie
est provoquée par Schistosoma haematobium, S. mansoni, S. japonicum, S.
intercalatum et S. mekongi. Comme pour d’autres trématodes parasites, le cycle
de vie de ces schistosomes nécessite sa réplication chez un hôte intermédiaire
de type mollusque. Les mollusques sont infestés par un stade larvaire du
parasite connu sous le nom de miracide, qui se développe à partir des œufs
libérés dans les urines ou les fèces des personnes infestées. Les mollusques
libèrent à leur tour dans l’eau des cercaires qui pénètrent à travers la peau
d’autres individus. Les schistosomiases légères peuvent rester asymptomatiques,
mais les schistosomiases plus lourdes sont susceptibles de provoquer une
splénomégalie ou une hépatomégalie, des pertes de sang ou un cancer de la
vessie, selon l’espèce en cause.[1]
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