dimanche 21 août 2016

Assainissement et Maladies liées aux excréta

Assainissement[1]

·         Par assainissement, on entend la mise à disposition d’installations et de services permettant d’éliminer sans risque l’urine et les matières fécales. L’absence de système d’assainissement est une cause importante de morbidité dans l’ensemble du monde. 
Il est prouvé que l’assainissement a des effets positifs importants sur la santé au niveau des ménages et des communautés. L’assainissement désigne aussi le maintien de bonnes conditions d’hygiène, grâce à des services comme l’enlèvement des ordures et l’évacuation des eaux usées.


Principaux concepts
Rapport 2012 du Programme commun OMS/UNICEF
La cible 7 de l’objectif 7 du Millénaire pour le développement consiste à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’est pas durablement approvisionnée en eau potable et qui ne dispose pas d’assainissement de base.
Eau
L’accès à l’eau potable est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées.
·         On entend par eau potable l’eau utilisée à des fins domestiques: boisson, cuisine et hygiène personnelle.
·         L’eau potable est de l’eau considérée comme sûre car elle répond à certaines normes microbiologiques et chimiques relatives à la qualité de l’eau de boisson; les Directives OMS pour la qualité de l’eau de boisson (4ème édition, 2011) font référence à cet égard.
·         L’accès à l’eau potable est mesuré au moyen d’un indicateur indirect: la proportion de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau améliorées: eau sous canalisation alimentant le domicile, borne-fontaine/fontaine publique, puits tubé/puits foré, puits creusé protégé, source protégée, citerne d’eau de pluie.
·         Un raccordement direct à l’eau potable sous canalisation alimente le domicile, la parcelle ou la cour.
·        
    Une source d’approvisionnement en eau améliorée, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. 
   Exemples:
o    *eau sous canalisation alimentant le domicile;
o    *borne-fontaine/fontaine publique;
o  * puits tubé/ foré;
o    *puits creusé protégé;
o   * source protégée;
o   * citerne d’eau de pluie.
·        Sources d’approvisionnement en eau non améliorées:
o   * puits creusé non protégé;
o *   source non protégée;
o  *eau de surface (rivière, réservoir, lac, étang, ruisseau, canal, canal d’irrigation);
o  *eau fournie par un distributeur ( tonne montée sur une charrette, camion-citerne);
o   * eau en bouteille;
o   * eau distribuée par camion-citerne.
Assainissement
L’accès à l’assainissement est mesuré en pourcentage de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées.
·     Une installation d’assainissement améliorée empêche de façon hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments humains.
·         L’accès à l’assainissement de base est mesuré au moyen d’un indicateur indirect: la proportion de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées (telles que raccordement au tout-à-l’égout ou à une fosse septique, latrines à chasse rudimentaires, latrines à fosse améliorées et autoventilées,et latrines à fosse avec une dalle ou couvertes).
·         Les installations communes sont des installations d’assainissement améliorées acceptables par ailleurs qui sont utilisées par plusieurs ménages. Elles comprennent les toilettes publiques et ne sont pas considérées comme améliorées.

·         Les installations d’assainissement non améliorées n’empêchent pas de manière hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments humains; cela comprend:
o   * les latrines à fosse sans dalle ou les fosses en plein air;
o    *les toilettes ou latrines suspendues;
o    *les latrines à seau;
o  *la défécation à l’air libre dans les champs, les forêts, la brousse, les étendues d’eau ou autres espaces en plein air, ou l’évacuation des excréments humains avec d’autres formes de déchets solides.[2]
  
·         Le manque d’assainissement pour 2,4 milliards de personnes compromet les améliorations dans le domaine de la santéQuelque 2,4 milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale, n’auront toujours pas accès à des services d’assainissement amélioré en 2015[3].

 Maladies liées aux excréta

Les infections liées aux excréta sont des maladies transmissibles dont les agents causals (virus, bactéries, protozoaires ou helminthes pathogènes) sont libérés par l’organisme des personnes infectées (ou des animaux infectés dans certains cas) dans les excréta (fèces et urines). Ces agents causals finissent par atteindre d’autres personnes et pénètrent dans l’organisme soit par la bouche (lors de la consommation de cultures contaminées, par exemple), soit à travers la peau (infestation par des ankylostomes ou des schistosomes, par exemple).

Le monde est directement responsable d’effets préjudiciables pour la santé et l’environnement. Les excréta humains sont mis en cause dans la transmission de nombreuses maladies infectieuses, dont le choléra, la typhoïde, l’hépatite, la polio, la schistosomiase et des helminthiases, y compris diverses trématodoses. La plupart de ces maladies liées aux excréta se déclarent chez des enfants vivant dans des pays pauvres. Globalement, l’OMS estime que les diarrhées sont responsables à elles seules de 3,2 % des décès dans le monde et de 4,2 % de la charge de morbidité mondiale totale, exprimée en DALY (OMS, 2004b). La diarrhée ou les maladies gastro-intestinales sont souvent utilisées comme indicateur indirect pour les maladies infectieuses véhiculées par l’eau. Mead et al. (1999) estiment qu’en moyenne, un habitant des États-Unis d’Amérique (appartenant à une tranche d’âge quelconque) souffre de 0,79 épisode de gastro-entérite aiguë (caractérisée par la présence de diarrhée, de vomissements ou de l’un et l’autre de ces symptômes) par an. Les taux de gastro-entérite aiguë chez les adultes dans le monde sont généralement du même ordre de grandeur (Tableau 2.6). Cependant, les enfants – en particulier ceux vivant dans des conditions à haut risque, caractérisées le plus souvent par une hygiène, un assainissement et une qualité de l’eau médiocres – présentent généralement des taux de maladies gastro-intestinales plus élevés. Kosek, Bern & Guerrant (2003) ont constaté que les enfants de moins de cinq ans habitant dans des pays en développement subissaient un nombre médian d’épisodes diarrhéiques de 3,2 par an.

Schistosomiase
La schistosomiase est une maladie parasitique importante dans diverses parties du monde. Les trématodes ont des cycles de vie complexes comprenant le passage des œufs dans une étendue d’eau par le biais des excréta (habituellement les fèces, mais aussi l’urine pour l’une des espèces de schistosomes) ; ces œufs ensuite éclosent et infectent des mollusques. Les parasites se développent dans ces mollusques et sont libérés dans l’eau, milieu à partir duquel ils infestent des poissons ou s’enkystent dans des plantes aquatiques. L’infestation résulte de la consommation à l’état cru ou sans cuisson suffi - sante de poissons ou de plantes contenant des méta cercaires de trématodes enkystées et viables.

Les schistosomes infectent directement les êtres humains en pénétrant à travers la peau lors d’un contact avec de l’eau contaminée. Bien que rarement fatales, les trématodoses peuvent entrainer une morbidité conséquente et des complications conduisant au décès.

Les principaux genres importants pour la santé humaine sont Clonorchis, Opisthorchis, Fasciola, Fasciolopsis et Paragonimus. Globalement, on pense que des trématodes transmis par les aliments infestent 40 millions de personnes dans le monde et qu’un dixième de la population mondiale est exposé à un risque d’infestation (OMS, 1995).

La schistosomiase touche environ 200 millions de personnes dans le monde, dont 80 % vivent en Afrique subsaharienne, où l’aquaculture directement alimentée par des rejets est rare mais où l’eau utilisée pour les activités aquacoles peut être indirectement contaminée par des rejets.

Une étude des trématodoses transmises par les aliments réalisée par Keiser & Utzinger (2005) indique que le nombre des clonorchiases a triplé en Chine sur la période de 10 ans allant de 1995 à 2004. Ces auteurs estiment que 15 millions de Chinois étaient infestés par Clonorchis sinensis en 2004. On pense que la multiplication des trématodoses transmises par les aliments est liée à la croissance exponentielle de l’industrie aquacole sur la même période. Même si l’aquaculture délibérément alimentée par des rejets a selon toutes probabilités décliné pendant cette période, l’usage involontaire en aquaculture d’eau contaminée par des eaux usées ou des excréta a probablement aussi contribué à la plus grande fréquence des trématodoses d’origine alimentaire.

Schistosomiase
La schistosomiase est une infestation par des parasites sanguins du genre Schistosoma qui se logent dans les réseaux veineux qui drainent la vessie et le tractus intestinal. La maladie est provoquée par Schistosoma haematobium, S. mansoni, S. japonicum, S. intercalatum et S. mekongi. Comme pour d’autres trématodes parasites, le cycle de vie de ces schistosomes nécessite sa réplication chez un hôte intermédiaire de type mollusque. Les mollusques sont infestés par un stade larvaire du parasite connu sous le nom de miracide, qui se développe à partir des œufs libérés dans les urines ou les fèces des personnes infestées. Les mollusques libèrent à leur tour dans l’eau des cercaires qui pénètrent à travers la peau d’autres individus. Les schistosomiases légères peuvent rester asymptomatiques, mais les schistosomiases plus lourdes sont susceptibles de provoquer une splénomégalie ou une hépatomégalie, des pertes de sang ou un cancer de la vessie, selon l’espèce en cause.[1]



[2]Source: http://www.who.int/water_sanitation_health/monitoring/jmp2012/key_terms/fr/

[3] Source: http://www.who.int/water_sanitation_health/publications/fr/

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