dimanche 21 août 2016

Le Choléra

Le Choléra

D’origine hydrique, le choléra est une maladie à transmission féco-orale.
Le réservoir est environnemental en période inter-épidémique, et essentiellement humain en période épidémique. Le milieu hydrique est un réservoir de germes pathogènes (ex : eaux saumâtres des estuaires des grands fleuves d’Asie). Le réservoir humain entre en jeu en cas d’épidémie et explique la rapidité de la dissémination de la maladie. Ce réservoir comprend les malades, les cadavres de sujets morts de choléra, les porteurs sains. La transmission est donc hydrique ou interhumaine : eaux polluées, produits marins contaminés, fruits et légumes arrosés, mains sales (toilette et transport des cadavres, repas). Il n’y a pas d’immunité naturelle, pas de production d’anticorps contre la toxine. Les facteurs favorisants sont humains et climatiques : pauvreté, bas niveau d’hygiène, conflits armés, forte densité de population (camps de réfugiés), catastrophes naturelles (cyclones, inondations), réchauffement des eaux (phénomène El Nino).
Les chironomidés sont un important réservoir de V. cholerae. Ces insectes ubiquitaires, très abondants dans les collections d’eau douce, pondent des masses de 400 à 2000 œufs, colonisés par V. cholerae (6 à 36 bactéries par œuf). La bactérie peut se fixer également à la surface chitineuse des adultes permettant, lors du vol, la dispersion de V. cholerae par voie aérienne dans l’environnement, localement, mais peut-être aussi à distance sous l’effet des vents dominants.
Physiopathologie
Le choléra est une diarrhée « toxique » due à l’élaboration par le vibrion d’une toxine, la choléragène, qui inverse le flux hydrosodé au niveau de l’épithélium du grêle par activation d’un enzyme, l’adénylcyclase. Cette inversion entraîne la production dans la lumière intestinale d’un liquide très abondant isotonique au plasma, particulièrement riche en potassium et en bicarbonates. La conséquence de cette diarrhée hydro-électrolytique massive est une déshydratation aiguë avec hypokaliémie et acidose.
  Le vibrion ne pénètre pas à l’intérieur de la muqueuse intestinale qui reste donc anatomiquement intacte. Il n’y a pas d’invasion muqueuse. Le vibrion disparaît des selles spontanément en 7 à 14 jours. Le traitement du choléra est donc essentiellement celui des pertes hydro-électrolytiques, c’est à dire du «syndrome cholérique».
Le glucose stimule l’absorption d’eau et de sel par un mécanisme indépendant de l’AMP cyclique (activé par l’adénylcyclase et la choléragène) qui est donc conservé. Un ion sodium peut être transporté en même temps qu’une molécule de glucose au niveau de la muqueuse qui a gardé son intégrité et ses mécanismes d’absorption. Cette notion est à la base de la réhydratation par voie orale.
 Traitement
L’essentiel du traitement est la réhydratation : «Tout cholérique parvenu à temps dans un centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour».
 Les buts du traitement
- rétablir l’équilibre hydroélectrolytique : c’est le geste thérapeutique urgent et essentiel
- lutter contre le germe : c’est un geste secondaire diminuant la durée de la diarrhée et aussi la durée du portage (évitant ainsi la dissémination des vibrions).
 Les moyens.
Le malade est admis dans un centre de traitement du choléra (CTC) créé en fonction des besoins, offrant les meilleures conditions de traitement et permettant l’isolement du malade.

Assainissement et Maladies liées aux excréta

Assainissement[1]

·         Par assainissement, on entend la mise à disposition d’installations et de services permettant d’éliminer sans risque l’urine et les matières fécales. L’absence de système d’assainissement est une cause importante de morbidité dans l’ensemble du monde. 
Il est prouvé que l’assainissement a des effets positifs importants sur la santé au niveau des ménages et des communautés. L’assainissement désigne aussi le maintien de bonnes conditions d’hygiène, grâce à des services comme l’enlèvement des ordures et l’évacuation des eaux usées.


Principaux concepts
Rapport 2012 du Programme commun OMS/UNICEF
La cible 7 de l’objectif 7 du Millénaire pour le développement consiste à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’est pas durablement approvisionnée en eau potable et qui ne dispose pas d’assainissement de base.
Eau
L’accès à l’eau potable est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées.
·         On entend par eau potable l’eau utilisée à des fins domestiques: boisson, cuisine et hygiène personnelle.
·         L’eau potable est de l’eau considérée comme sûre car elle répond à certaines normes microbiologiques et chimiques relatives à la qualité de l’eau de boisson; les Directives OMS pour la qualité de l’eau de boisson (4ème édition, 2011) font référence à cet égard.
·         L’accès à l’eau potable est mesuré au moyen d’un indicateur indirect: la proportion de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau améliorées: eau sous canalisation alimentant le domicile, borne-fontaine/fontaine publique, puits tubé/puits foré, puits creusé protégé, source protégée, citerne d’eau de pluie.
·         Un raccordement direct à l’eau potable sous canalisation alimente le domicile, la parcelle ou la cour.
·        
    Une source d’approvisionnement en eau améliorée, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. 
   Exemples:
o    *eau sous canalisation alimentant le domicile;
o    *borne-fontaine/fontaine publique;
o  * puits tubé/ foré;
o    *puits creusé protégé;
o   * source protégée;
o   * citerne d’eau de pluie.
·        Sources d’approvisionnement en eau non améliorées:
o   * puits creusé non protégé;
o *   source non protégée;
o  *eau de surface (rivière, réservoir, lac, étang, ruisseau, canal, canal d’irrigation);
o  *eau fournie par un distributeur ( tonne montée sur une charrette, camion-citerne);
o   * eau en bouteille;
o   * eau distribuée par camion-citerne.
Assainissement
L’accès à l’assainissement est mesuré en pourcentage de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées.
·     Une installation d’assainissement améliorée empêche de façon hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments humains.
·         L’accès à l’assainissement de base est mesuré au moyen d’un indicateur indirect: la proportion de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées (telles que raccordement au tout-à-l’égout ou à une fosse septique, latrines à chasse rudimentaires, latrines à fosse améliorées et autoventilées,et latrines à fosse avec une dalle ou couvertes).
·         Les installations communes sont des installations d’assainissement améliorées acceptables par ailleurs qui sont utilisées par plusieurs ménages. Elles comprennent les toilettes publiques et ne sont pas considérées comme améliorées.

·         Les installations d’assainissement non améliorées n’empêchent pas de manière hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments humains; cela comprend:
o   * les latrines à fosse sans dalle ou les fosses en plein air;
o    *les toilettes ou latrines suspendues;
o    *les latrines à seau;
o  *la défécation à l’air libre dans les champs, les forêts, la brousse, les étendues d’eau ou autres espaces en plein air, ou l’évacuation des excréments humains avec d’autres formes de déchets solides.[2]
  
·         Le manque d’assainissement pour 2,4 milliards de personnes compromet les améliorations dans le domaine de la santéQuelque 2,4 milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale, n’auront toujours pas accès à des services d’assainissement amélioré en 2015[3].

 Maladies liées aux excréta

Les infections liées aux excréta sont des maladies transmissibles dont les agents causals (virus, bactéries, protozoaires ou helminthes pathogènes) sont libérés par l’organisme des personnes infectées (ou des animaux infectés dans certains cas) dans les excréta (fèces et urines). Ces agents causals finissent par atteindre d’autres personnes et pénètrent dans l’organisme soit par la bouche (lors de la consommation de cultures contaminées, par exemple), soit à travers la peau (infestation par des ankylostomes ou des schistosomes, par exemple).

Le monde est directement responsable d’effets préjudiciables pour la santé et l’environnement. Les excréta humains sont mis en cause dans la transmission de nombreuses maladies infectieuses, dont le choléra, la typhoïde, l’hépatite, la polio, la schistosomiase et des helminthiases, y compris diverses trématodoses. La plupart de ces maladies liées aux excréta se déclarent chez des enfants vivant dans des pays pauvres. Globalement, l’OMS estime que les diarrhées sont responsables à elles seules de 3,2 % des décès dans le monde et de 4,2 % de la charge de morbidité mondiale totale, exprimée en DALY (OMS, 2004b). La diarrhée ou les maladies gastro-intestinales sont souvent utilisées comme indicateur indirect pour les maladies infectieuses véhiculées par l’eau. Mead et al. (1999) estiment qu’en moyenne, un habitant des États-Unis d’Amérique (appartenant à une tranche d’âge quelconque) souffre de 0,79 épisode de gastro-entérite aiguë (caractérisée par la présence de diarrhée, de vomissements ou de l’un et l’autre de ces symptômes) par an. Les taux de gastro-entérite aiguë chez les adultes dans le monde sont généralement du même ordre de grandeur (Tableau 2.6). Cependant, les enfants – en particulier ceux vivant dans des conditions à haut risque, caractérisées le plus souvent par une hygiène, un assainissement et une qualité de l’eau médiocres – présentent généralement des taux de maladies gastro-intestinales plus élevés. Kosek, Bern & Guerrant (2003) ont constaté que les enfants de moins de cinq ans habitant dans des pays en développement subissaient un nombre médian d’épisodes diarrhéiques de 3,2 par an.

Schistosomiase
La schistosomiase est une maladie parasitique importante dans diverses parties du monde. Les trématodes ont des cycles de vie complexes comprenant le passage des œufs dans une étendue d’eau par le biais des excréta (habituellement les fèces, mais aussi l’urine pour l’une des espèces de schistosomes) ; ces œufs ensuite éclosent et infectent des mollusques. Les parasites se développent dans ces mollusques et sont libérés dans l’eau, milieu à partir duquel ils infestent des poissons ou s’enkystent dans des plantes aquatiques. L’infestation résulte de la consommation à l’état cru ou sans cuisson suffi - sante de poissons ou de plantes contenant des méta cercaires de trématodes enkystées et viables.

Les schistosomes infectent directement les êtres humains en pénétrant à travers la peau lors d’un contact avec de l’eau contaminée. Bien que rarement fatales, les trématodoses peuvent entrainer une morbidité conséquente et des complications conduisant au décès.

Les principaux genres importants pour la santé humaine sont Clonorchis, Opisthorchis, Fasciola, Fasciolopsis et Paragonimus. Globalement, on pense que des trématodes transmis par les aliments infestent 40 millions de personnes dans le monde et qu’un dixième de la population mondiale est exposé à un risque d’infestation (OMS, 1995).

La schistosomiase touche environ 200 millions de personnes dans le monde, dont 80 % vivent en Afrique subsaharienne, où l’aquaculture directement alimentée par des rejets est rare mais où l’eau utilisée pour les activités aquacoles peut être indirectement contaminée par des rejets.

Une étude des trématodoses transmises par les aliments réalisée par Keiser & Utzinger (2005) indique que le nombre des clonorchiases a triplé en Chine sur la période de 10 ans allant de 1995 à 2004. Ces auteurs estiment que 15 millions de Chinois étaient infestés par Clonorchis sinensis en 2004. On pense que la multiplication des trématodoses transmises par les aliments est liée à la croissance exponentielle de l’industrie aquacole sur la même période. Même si l’aquaculture délibérément alimentée par des rejets a selon toutes probabilités décliné pendant cette période, l’usage involontaire en aquaculture d’eau contaminée par des eaux usées ou des excréta a probablement aussi contribué à la plus grande fréquence des trématodoses d’origine alimentaire.

Schistosomiase
La schistosomiase est une infestation par des parasites sanguins du genre Schistosoma qui se logent dans les réseaux veineux qui drainent la vessie et le tractus intestinal. La maladie est provoquée par Schistosoma haematobium, S. mansoni, S. japonicum, S. intercalatum et S. mekongi. Comme pour d’autres trématodes parasites, le cycle de vie de ces schistosomes nécessite sa réplication chez un hôte intermédiaire de type mollusque. Les mollusques sont infestés par un stade larvaire du parasite connu sous le nom de miracide, qui se développe à partir des œufs libérés dans les urines ou les fèces des personnes infestées. Les mollusques libèrent à leur tour dans l’eau des cercaires qui pénètrent à travers la peau d’autres individus. Les schistosomiases légères peuvent rester asymptomatiques, mais les schistosomiases plus lourdes sont susceptibles de provoquer une splénomégalie ou une hépatomégalie, des pertes de sang ou un cancer de la vessie, selon l’espèce en cause.[1]



[2]Source: http://www.who.int/water_sanitation_health/monitoring/jmp2012/key_terms/fr/

[3] Source: http://www.who.int/water_sanitation_health/publications/fr/

L'eau, l'assainissement, l'hygiène et la santé

L'eau, l'assainissement, l'hygiène et la santé
Faits et chiffres
"L'eau et l'assainissement sont indispensables à la santé publique. Je dis souvent qu'ils en constituent la base, car lorsqu'on aura garanti à tout un chacun, quelles que soient ses conditions de vie, l'accès à une eau salubre et à un assainissement correct, la lutte contre un grand nombre de maladies aura fait un bond énorme.
Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé

Maladies diarrhéiques
·         Chaque année, 1,8 million de personnes, dont 90% d’enfants de moins de cinq ans, vivant pour la plupart dans les pays en développement, meurent de maladies diarrhéiques (y compris du choléra) ;
·         88% des maladies diarrhéiques sont imputables à la mauvaise qualité de l’eau, à un assainissement insuffisant et à une hygiène défectueuse.
·         L’amélioration de la qualité de l’eau ferait reculer de 6% à 25% la morbidité attribuable aux maladies diarrhéiques, cas graves inclus.
·         L’amélioration de l’assainissement ferait reculer de 32% la morbidité attribuable aux maladies diarrhéiques.
·         Des interventions dans le domaine de l’hygiène, y compris l’éducation à l’hygiène et le simple fait de se laver les mains peut réduire de 45% le nombre des cas de maladies diarrhéiques.
·         Une amélioration de la qualité de l’eau de boisson par un traitement domestique, par exemple la désinfection au chlore au niveau de la consommation, entraînerait une baisse de 35% à 39% des épisodes diarrhéiques.
Paludisme
·         Chaque année, 1,3 millions de personnes, dont 90% d’enfants de moins de cinq ans, meurent du paludisme.
·         On recense, chaque année, 396 millions de cas de paludisme, principalement en Afrique subsaharienne.
·         L’irrigation intensive, les barrages, les projets hydrologiques pèsent lourdement sur la charge de morbidité.
·         Une bonne gestion des ressources hydriques réduit la propagation du paludisme et des autres maladies à transmission vectorielle.
Schistosomiase
·         Selon les estimations, 160 millions de personnes sont atteintes de schistosomiase.
·         La maladie provoque des dizaines de milliers de décès chaque année, principalement en Afrique subsaharienne.
·         Elle est étroitement liée à l’évacuation des excréments dans de mauvaises conditions et à l’éloignement des sources d’eau salubre.
·         L’assainissement de base peut faire reculer la maladie de 77%.
·         Les réservoirs créés par l’homme et les systèmes d’irrigation mal conçus sont les principales causes de la propagation de la schistosomiase et de l’aggravation de la situation.
Helminthiases intestinales (ascaridiase, trichocéphalose, ankylostomiase)
·         133 millions de personnes souffrent d’helminthiases intestinales sévères qui ont souvent de graves conséquences : déficience cognitive, syndrome dysentérique ou anémie.
·         Ces maladies provoquent environ 9 400 décès par an.
·         L’accès à de l’eau salubre et à des systèmes d’assainissement ainsi qu’une meilleure hygiène permettraient de réduire la morbidité imputable à l’ascaridiase de 29% et celle imputable à l’ankylostomiase de 4%.
Encéphalite japonaise
·         20% des personnes présentant une encéphalite japonaise symptomatique décèdent et 35% ont une atteinte cérébrale irréversible.
·         En Asie du Sud, du Sud-Est et de l’Est, l’amélioration de la gestion des ressources hydriques destinées à l’irrigation permettrait de réduire la transmission de la maladie.
Hépatite A
·         On recense 1, 5 millions de cas d’hépatite A par an
Arsenic
·         Au Bangladesh, 28 à 35 millions de personnes boivent de l’eau à forte teneur en arsenic.
·         Le nombre des cas de lésions cutanées liées à la présence d’arsenic dans l’eau de boisson est estimé à 1,5 million.
·         La pollution des eaux souterraines par l’arsenic a été constatée dans de nombreux pays, notamment en Argentine, au Bangladesh, au Chili, en Chine, aux Etats-Unis d’Amérique, en Inde, au Mexique et en Thaïlande.
·         La prévention passe avant tout par une baisse de la consommation d’eau contenant des taux d’arsenic trop élevés. Pour cela, il faut trouver des sources d’eau à faible teneur en arsenic ou installer des systèmes d’élimination de l’arsenic.
Fluorose
·         En Chine, 26 millions de personnes souffrent de fluorose dentaire en raison de la forte teneur de l’eau de boisson en sels de fluor.
·         Selon les estimations, en Chine, on attribue plus d’un million de cas de fluorose osseuse à l’eau de boisson.
·         Les principales stratégies pour remédier à ce problème passent par l’exploitation des eaux profondes et des cours d’eau, la construction de réservoirs et la défluoration.
COMMENT EN EST-ON ARRIVE LA ?
Accès à l’eau en 2002
·         En 2002, 1,1 milliard de personnes, soit 17% de la population mondiale, n’avaient pas accès à des sources d’eau de bonne qualité.
·         Plus de la moitié de la population mondiale a accès à une eau de bonne qualité grâce à un raccordement à domicile ou à un robinet à l’extérieur.
·         Près de deux tiers des 1,1 milliard de personnes qui n’ont pas accès à des sources d’eau de bonne qualité vivent en Asie.
·         En Afrique subsaharienne, 42% de la population n’a toujours pas accès à de l’eau de bonne qualité.
·         Pour atteindre la cible des OMD concernant l’approvisionnement en eau, 260 000 personnes par jour jusqu’en 2015 doivent encore obtenir l’accès à des sources d’eau de bonne qualité.
·         On estime qu’entre 2002 et 2015, la croissance démographique mondiale sera de 74,8 millions d’habitants par an.
Accès à l’assainissement en 2002
·         En 2002, 2,6 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale, n’avaient pas accès à des moyens d’assainissement.
·         Plus de la moitié de ceux qui ne disposent pas de moyens d’assainissement soit près de 1,5 milliard de personnes - vivent en Chine et en Inde.
·         En Afrique subsaharienne, la couverture par les services d’assainissement est d’à peine 36%.
·         Dans les pays en développement, 31% seulement des personnes vivant en milieu rural ont accès à des moyens d’assainissement contre 73% des personnes vivant en milieu urbain.
·         Pour atteindre la cible des OMD concernant l’assainissement, 370 000 personnes par jour jusqu’en 2015 doivent encore obtenir l’accès à des moyens d’assainissement.
Catastrophes et situations d’urgence
·         Au cours de la dernière décennie du XXème siècle, près de deux milliards de personnes ont été victimes de catastrophes naturelles, dont 86% de sécheresses et d’inondations.
·         Les inondations accentuent la menace permanente que représente pour la santé la contamination de l’eau de boisson résultant d’un mauvais assainissement et de la présence de déchets industriels ou provenant de décharges.
·         Les sécheresses sont responsables de la plupart des maladies et des décès car elles provoquent ou aggravent la malnutrition et la famine et remettent en cause l’approvisionnement en eau .
·         La gestion des catastrophes requiert une continuité d’activités allant de la prévention à la reconstruction en passant par la préparation, les actions à mener et l’organisation des secours.
Développement des ressources hydriques
·         Le développement des ressources hydriques s’accélère pour répondre aux besoins alimentaires (énergie et fibres) d’une population mondiale qui atteindra 8 milliards en 2025.
·         Avec des moyens insuffisants pour évaluer les conséquences sanitaires, le secteur de la santé doit assumer des dépenses qui ne sont pas prises en compte et la charge de morbidité s’accroît au niveau local.
·         Il faut inclure dans les stratégies de gestion intégrée des ressources hydriques des méthodes de gestion de l’environnement favorables à la santé.
LA RIPOSTE MONDIALE
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
En incluant l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène dans les OMD, la communauté internationale a reconnu l’importance d’intervenir dans ces domaines pour promouvoir le développement et a fixé une série d’objectifs et de cibles.
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
·         Cible 9 : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales.
·         Cible 10 :
i.            Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre.
ii.            Intégrer l’assainissement aux stratégies de gestion des ressources hydriques.
·         Cible 11 : Réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis.
Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
·         Cible 5 : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.
Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
·         Cible 8 : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle.
2005-2015 : Décennie « L’eau, source de vie »
·         L’ONU déclare la période 2005-2015 décennie internationale d’action, « L’eau, source de vie » et fixe un programme mondial accordant davantage d’importance aux problèmes relatifs à l’eau.
Quelques citations importantes
“Nous ne vaincrons ni le SIDA, ni la tuberculose, ni le paludisme, ni aucune autre maladie infectieuse qui frappe les pays en développement, avant d’avoir gagné le combat de l’eau potable, de l’assainissement et des soins de santé de base”.
Kofi Annan, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
« Le droit à l’eau consiste en un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau salubre et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun »
- Observation générale n° 15 (2002) : Le droit à l’eau.


source: http://www.who.int/water_sanitation_health/facts2004/fr/